# Maître Liu vous guide : S'implanter à Shanghai dans le médical avec des capitaux étrangers Bonjour à tous, je suis Maître Liu. Après 12 ans à accompagner les entreprises étrangères chez Jiaxi Fiscal et 14 ans à naviguer dans les méandres des procédures d'enregistrement, j'ai vu défiler tous les cas de figure. Aujourd'hui, je vous parle d'un sujet qui passionne mais qui inquiète souvent les investisseurs : **l'immatriculation et l'obtention de la licence d'exploitation pour une société d'appareils médicaux à capitaux étrangers à Shanghai**. Pourquoi Shanghai ? Parce que c'est la porte d'entrée stratégique, le hub économique, mais aussi un terrain d'expérimentation réglementaire en Chine. Le marché chinois des dispositifs médicaux est colossal et en pleine croissance, porté par le vieillissement de la population et l'innovation technologique. Cependant, s'y lancer sans une carte routière précise, c'est s'exposer à des délais interminables, voire à des échecs coûteux. Cet article se base sur notre expertise terrain pour décortiquer le processus, au-delà des textes officiels, et vous donner les clés d'une implantation réussie. Accrochez-vous, on entre dans le vif du sujet.

Le Choix de l'Entité

La toute première décision, et pas des moindres, c'est le type d'entité juridique à créer. Beaucoup débarquent en pensant "WFOE" (Wholly Foreign-Owned Enterprise) direct, c'est la norme. Mais dans le médical, il faut réfléchir à deux fois. Une WFOE à responsabilité limitée est effectivement la structure la plus courante et la plus recommandée pour avoir un contrôle total et une clarté opérationnelle. Cependant, je me souviens d'un client, une PME allemande innovante, qui voulait juste tester le marché avec un petit volume de produits haut de gamme. On a longuement discuté, et finalement, on a envisagé avec eux la possibilité d'une **représentation commerciale** dans un premier temps, pour des activités non-directement lucratives comme les études de marché et la promotion, avant de sauter le pas de la WFOE. C'est une phase exploratoire moins engageante. Mais attention, pour importer, stocker, vendre des dispositifs médicaux, la WFOE est incontournable. Il faut aussi penser à l'avenir : si vous envisagez des activités de R&D ou de fabrication locale plus tard, la structure initiale doit pouvoir le permettre. Le capital social requis est un autre point crucial. Il n'y a pas de minimum légal national uniforme pour une WFOE, mais en pratique, pour une société de trading d'appareils médicaux à Shanghai, les autorités attendent un montant suffisant pour couvrir les opérations prévues. Un capital trop faible peut faire rejeter le business plan. C'est du bon sens, mais il faut le budgétiser sérieusement.

Un autre aspect sous-estimé est le **champ d'activités** (business scope) dans les statuts. Il ne s'agit pas de copier-coller un modèle. Il doit être précis, aligné sur la classification des produits que vous visez (Classe I, II, ou III selon le risque), et mentionner explicitement des activités comme "vente en gros et au détail de dispositifs médicaux", "consultation technique", "import-export". Une fois inscrit, il est très difficile de l'élargir. J'ai vu une entreprise française spécialisée en imagerie qui n'avait pas inclus "location de matériel médical" alors que c'était une partie de leur modèle économique. Ils ont dû repasser par une modification laborieuse après leur établissement. La leçon est là : anticipez votre développement à 3-5 ans quand vous rédigez ce champ.

Le Coeur du Sujet : Les Licences

Là, on touche au nerf de la guerre. Pour une société commercialisant des dispositifs médicaux, deux licences (ou "certificats") sont vitales : le **Certificat de Licence d'Exploitation d'Entreprise de Dispositifs Médicaux** (医疗器械经营许可证) et, pour chaque produit, le **Certificat d'Enregistrement des Dispositifs Médicaux** (医疗器械注册证). La licence d'exploitation est celle de votre société, elle atteste que vous avez les conditions (locaux, personnel qualifié, système qualité) pour exercer cette activité. Son obtention est conditionnée à la mise en place d'un système de gestion de la qualité conforme au GSP (Good Supply Practice) pour les dispositifs médicaux. C'est un travail de fond. On doit préparer un dossier épais, avec des procédures documentées pour chaque étape : achats, réception, stockage, vente, traçabilité, gestion des réclamations.

L'enregistrement du produit, lui, est encore plus exigeant. C'est le processus qui valide la sécurité et l'efficacité du dispositif pour le marché chinois. Pour les produits de Classe II et III (les plus régulés), il faut généralement soumettre des données d'essais cliniques réalisés en Chine ou, dans certains cas reconnus, des données d'essais à l'étranger. Le chemin est long et coûteux. Un de mes clients avec un logiciel de diagnostic (Classe III) a mis près de trois ans pour obtenir son enregistrement. Il est crucial d'engager très tôt un **Agent Légal en Chine** (ou "Responsable Réglementaire") qui est une personne physique résidant en Chine et responsable des interactions avec les autorités. Son rôle est clé pour la réussite du dossier.

Un point qui bloque souvent : la différence entre "vendre" et "importer". Vous pouvez avoir une licence d'exploitation pour vendre en Chine, mais pour importer physiquement les produits, vous aurez aussi besoin de soumettre chaque produit (via son certificat d'enregistrement) pour obtenir un **Certificat d'Enregistrement à l'Importation de Dispositifs Médicaux**. C'est une couche administrative supplémentaire à gérer avec la Douane et l'Administration des Produits Médicaux (NMPA). Ne sous-estimez pas le temps et l'expertise nécessaires ici.

Locaux et Personnel Qualifié

Les autorités ne donnent pas une licence sur un business plan. Elles viennent vérifier. Vos locaux doivent répondre à des critères stricts qui varient selon la classe des produits. Pour du stockage de dispositifs de Classe II ou III, il faut des entrepôts avec contrôle de la température et de l'humidité si nécessaire, des zones de quarantaine pour les produits non-conformes, une sécurité adéquate. Ce n'est pas un bureau standard. Je conseille toujours de ne pas signer un bail définitif avant d'avoir eu un pré-avis (informel) des autorités sur le plan d'implantation. J'ai accompagné une start-up américaine qui avait loué un super bureau dans un quartier d'affaires, mais dont la configuration en open-space et l'absence de zone de stockage dédiée et verrouillée ont été rédhibitoires. Ils ont dû résilier et perdre des mois.

Côté personnel, la réglementation exige un **Responsable Qualité** attitré, avec une formation supérieure dans un domaine pertinent (médecine, biologie, ingénierie biomédicale...) et au moins 3 ans d'expérience dans le secteur des dispositifs médicaux. Ce n'est pas un poste à prendre à la légère. Cette personne sera l'interlocutrice privilégiée des inspecteurs et la garante du système interne. Trouver la bonne personne, qui maîtrise à la fois la réglementation chinoise et peut-être l'anglais ou votre langue, est un défi en soi sur le marché de Shanghai. Il faut la recruter tôt dans le processus, car elle participera à la rédaction de tous les manuels de procédure qualité.

Le Parcours des Combattants Administratif

L'immatriculation classique de la WFOE se fait auprès de la SAMR (State Administration for Market Regulation), c'est le "business license". Mais pour nous, dans le médical, ce n'est que la première ligne. Ensuite, il faut enchainer avec les demandes de licence auprès de la branche locale de la NMPA (National Medical Products Administration), qui à Shanghai est la **Shanghai Medical Products Administration**. Le processus n'est pas linéaire, il est parallèle et itératif. Souvent, la préparation du dossier pour la licence d'exploitation commence avant même que le business license ne soit obtenu, car il faut monter le système qualité en amont.

Le plus gros écueil, selon mon expérience, c'est le manque de préparation aux **audits sur site**. Les inspecteurs ne se contentent pas de papiers. Ils posent des questions pointues au personnel, vérifient la traçabilité d'un produit test, contrôlent les relevés de température des frigos. Une petite erreur peut mener à une demande de rectification et repousser l'obtention de la licence de plusieurs semaines. Mon rôle est souvent de faire des audits blancs, de jouer le méchant inspecteur pour préparer mes clients. C'est stressant, mais ça paye. Une entreprise suisse que j'accompagnais avait tout bien préparé sur le papier, mais lors de l'audit blanc, on a découvert que le responsable qualité ne savait pas expliquer concrètement la procédure de gestion d'un rappel de produit. On a travaillé dessus une semaine, et l'audit officiel s'est passé comme sur des roulettes.

Immatriculation et licence d'exploitation d'une société d'appareils médicaux à capitaux étrangers à Shanghai

Spécificités de Shanghai

Shanghai n'est pas une ville comme les autres pour l'administration. D'un côté, elle est souvent à la pointe des réformes pour simplifier les procédures, avec des guichets uniques et une digitalisation avancée. De l'autre, les attentes sont très élevées en termes de professionnalisme et de conformité. Les autorités de Shanghai sont habituées à voir les grands groupes, donc elles sont exigeantes. Un avantage non-négligeable est la présence de la **Zone de Libre-Échange de Shanghai** (FTZ). Y établir son siège peut offrir des processus d'approbation accélérés pour certains dossiers, des politiques douanières facilitées pour l'importation, et un environnement généralement plus favorable aux investisseurs étrangers. C'est à étudier de près au cas par cas.

Autre spécificité : l'écosystème. Shanghai concentre des clusters biomédicaux (comme à Zhangjiang), des hôpitaux de renom qui peuvent servir de sites pour les essais cliniques, et une pool de talents techniques et réglementaires. S'implanter à Shanghai, ce n'est pas juste pour l'adresse prestigieuse, c'est pour être au cœur de l'innovation et du réseau. Cela peut aussi rassurer les autorités, qui voient que vous vous installez dans un environnement sérieux et contrôlé.

Écueils à Éviter Absolument

Premier écueil : vouloir aller trop vite en sous-estimant la complexité. Certains pensent pouvoir répliquer le modèle d'un autre pays en 6 mois. En réalité, un timeline réaliste pour une société avec des produits de Classe II, en partant de zéro, c'est 12 à 18 mois avant la première vente. Il faut planifier en conséquence et sécuriser le financement pour cette phase.

Deuxième écueil : négliger la **traduction et la notarisation**. Tous les documents constitutifs de la société mère (certificat d'incorporation, statuts, rapports annuels), ainsi que les manuels techniques des produits, doivent être traduits en chinois par un traducteur assermenté, puis notarisés et légalisés via le consulat chinois à l'étranger. Un document mal traduit ou dont la chaîne de légalisation est incomplète peut tout stopper. Je recommande toujours de faire un check-list exhaustive avec un partenaire local comme nous dès le début.

Troisième écueil : penser qu'une fois les licences obtenues, c'est fini. Non, c'est un cycle continu. Les licences ont une durée de validité (généralement 5 ans pour la licence d'exploitation) et doivent être renouvelées. Il y a des rapports annuels à fournir, des changements (adresse, responsable qualité, gamme de produits) à déclarer, et des audits périodiques à subir. La conformité est un processus, pas un événement.

Conclusion et Perspectives

Pour conclure, s'implanter à Shanghai dans le secteur des dispositifs médicaux en tant qu'entreprise à capitaux étrangers est un marathon stratégique, pas un sprint. C'est un parcours jalonné de défis réglementaires précis, où le diable se cache vraiment dans les détails. L'objectif, au-delà de l'obtention des précieux sésames, est d'établir une présence pérenne, crédible et conforme sur le marché le plus prometteur au monde. L'importance d'une préparation méticuleuse, d'un accompagnement expert et d'une vision à long terme ne peut être surestimée.

Mon opinion, après toutes ces années, est que malgré la complexité, la tendance est à une rationalisation et une harmonisation des procédures, surtout dans des hubs comme Shanghai. Les autorités chinoises cherchent à attirer l'innovation de qualité. Pour les entreprises étrangères, la clé du succès réside dans l'adaptation : adapter son produit aux standards locaux, adapter son organisation aux exigences réglementaires, et adapter sa stratégie à la dynamique du marché. L'avenir appartient à ceux qui abordent ce processus non comme une barrière, mais comme une opportunité de structurer une opération robuste et compétitive. N'hésitez pas à vous entourer de ceux qui connaissent le chemin, car une erreur au départ peut coûter très cher en temps et en argent.

--- ### Perspectives de Jiaxi Fiscal sur le sujet Chez Jiaxi Fiscal, avec notre expérience cumulative sur des centaines de dossiers dans le médical, nous voyons l'implantation à Shanghai comme un projet à part entière, nécessitant une approche intégrée. Au-delà des simples formalités d'enregistrement, nous accompagnons nos clients dans une **stratégie réglementaire globale**. Cela commence par une analyse préalable de la classification de leurs produits et des voies d'enregistrement les plus rapides (par exemple, en profitant des accords de reconnaissance mutuelle pour certains produits fabriqués dans d'autres pays, lorsque c'est applicable). Nous insistons sur la phase de **due diligence réglementaire** en amont de tout investissement lourd, pour identifier les éventuels points bloquants techniques ou cliniques. Nous constatons une évolution positive des autorités de Shanghai vers une plus grande transparence et un dialogue facilité, surtout pour les projets innovants. Notre rôle est aussi de servir d'interface et de traducteur culturel dans ce dialogue, en préparant des dossiers non seulement conformes, mais aussi convaincants. Nous aidons à construire le **dossier qualité** (QMS) non pas comme une contrainte, mais comme un atout opérationnel pour nos clients. Enfin, nous les préparons à la phase post-licence, cruciale pour la longévité de leur business. Pour nous, réussir l'immatriculation et l'obtention des licences, c'est poser les fondations solides d'une aventure commerciale réussie en Chine. C'est un investissement initial qui, bien mené, offre une sécurité et une crédibilité inestimables pour les années à venir.